Enlivrons-nous, le blog d'Emily

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! Charles Baudelaire

Fille du destin, Isabel Allende

 » Un chef d’oeuvre » titre le Denver Post, au sujet de Hija de la fortuna, de l’auteur sud-américaine Isabel Allende, qui s’avère être un roman d’aventure plutôt bien conçu, avec une héroïne hors-du-commun, et du voyage à en revendre.

En 1832, Rose et Jeremy Sommers, une vieille fille anglaise et son frère rigide, recueille la jeune Eliza, orpheline déposée sur le pas de leur porte, à Valparaiso, Chili. En 1849, Eliza, devenue jeune fille, s’enfuit pour la Californie de la ruée vers l’or, afin de rejoindre son amant. Voyage vers un territoire encore vierge, quête initiatique, roman d’amour, les aventures d’Eliza réunissent plusieurs grands thèmes qui plairont sûrement à de nombreuses lectures.

Car effectivement, d’un point de vue technique, Fille du destin est irréprochable : l’histoire d’Eliza, véritable picara, a tout pour passionner. Jeune fille impétueuse bien qu’élevée comme une adolescente anglaise bien comme il faut, elle rejette les conventions de l’époque et se laisse guider par son amour et son désir de liberté. Elle se libère du carcan des conventions, montrant ainsi à quel point les femmes étaient prisonnières de leur réputation et du bon vouloir des hommes. Partant à l’aventure, elle découvrira la Californie, telle qu’on la connaît peu, à l’époque où San Francisco était un port de mineurs, peuplés d’hommes rêvant de fortune et de prostituées, une Californie semblable à une terre promise, tout comme elle le sera pendant la Grande dépression. Eliza entre de plein pieds dans l’histoire : peu de temps après la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique, et peu de temps avant que la Californie soit officiellement rattaché aux Etats-Unis.

C’est également une histoire sur l’immigration : que ce soit au Chili, en Amérique ou en Chine, nous découvrons le mal-être des étrangers, les préjugés, mais également la découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle culture. Nous voyons notamment l’installation du Chinatown et de la communauté chinoise de San Francisco. Le regard de Tao, notamment, nous permet de voir l’évolution des mentalités : de figé dans ses préjugés sur les « blancs », il devient à son tour victime du mépris des américains pour les chinois ou les mexicains. Tao, pourtant, est le personnage qui m’a le plus plu dans l’histoire : amoureux de la science, bon et généreux, il gagne en sagesse au fil du récit. Son histoire se mêle à celle d’Eliza, tout comme le récit s’interrompt pour nous offrir le passé de Rose. Nous découvrons des pans de vie, et, de fait, des pratiques culturelles méconnues : l’on apprendra ainsi que pour être « bonne à marier », une jeune chinoise bien née devait endurer des souffrances indicibles pour que ses pieds fassent sept centimètres, ou qu’il était courant que des hommes se fassent enlever sur les ports par des capitaines désespérés….

C’est un très bon roman, très intéressant, qui nous permet de découvrir les moeurs victoriennes, la vie de la bonne société chilienne, ou la ruée vers l’or en Californie. Effectivement, c’est irréprochable, et j’ai suivi l’histoire avec beaucoup de plaisir. Mais j’ai globalement trouvé que ce roman manquait d’âme. Il manquait le petit quelque chose qui en aurait fait un coup de coeur. Dommage, mais ça ne m’empêchera pas de lire Portrait sepia, du même auteur.

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune sur Livraddict avec Estellecalim, Petitepom, Irrégulière, et petitebelge66 .

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10 commentaires sur “Fille du destin, Isabel Allende

  1. Misss-bouquins
    4 juillet 2011

    Ah il faut que tu changes tout manuellement ? Je ne savais pas c’est pas pressé je croyais que c’était un bug.

    • Well-read-kid
      4 juillet 2011

      Oui, tout, ça vient de l’import d’overblog vers wordpress, j’ai changé de plate-forme en mai dernier…ça prend du temps il faut remettre toutes les images, et refaire la mise en page….C’est long et fastidieux !

  2. Misss-bouquins
    4 juillet 2011

    Malheureusement toujours le même problème pour les articles les plus anciens « commentaires fermés ».

  3. Misss-bouquins
    20 juin 2011

    Il est dans ma pile à lire et il colle très bien au challenge que j’organise (bon c’est pas dit que je le lis demain mais d’ici septembre 2012 ça devrait être bon ^^)

    PS : Comment ça se fait quand je remonte ton blog, je ne vois plus les photos et je ne peux pas poster de commentaires, il y a écrit commentaires fermés ?
    Bonne continuation.
    J’espère que tu viendras faire un tour sur mon blog. J’ai lancé un challenge et pour l’instant on est deux participantes ^^ .Puis vu que tu lis des auteurs venant de pays variés je me suis dit que peut être il peut t’intéresser.

  4. Misss-bouquins
    20 juin 2011

    Il est dans ma pile à lire et il colle très bien au challenge que j’organise (bon c’est pas dit que je le lis demain mais d’ici septembre 2012 ça devrait être bon ^^)

  5. Pingback: Fille du destin – Isabel Allende « passe-temps de pom'

  6. irreguliere
    9 juin 2011

    Tiens, c’est étonnant que tu trouves qu’il manque d’âme…

  7. Frankie
    8 juin 2011

    J’avais beaucoup aimé ce livre et en lisant ta chronique tu me donnes envie de le relire ! IL faudra que je lise la suite Portrait Sepia.

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Cette entrée a été publiée le 8 juin 2011 par dans Romans historiques, et est taguée , , , .
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