Enlivrons-nous, le blog d'Emily

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! Charles Baudelaire

Un roman américain, Stephen Carter

« Le Tom Wolfe de l’Amérique noire » indique le bandeau en couverture. La quatrième couverture nous promet un savant mélange entre Philip Roth, Jonathan Franzen et John Grisham. Un roman américain semble ainsi réunir quelques grands traits des plus célèbres auteurs américains…Stephen Carter serait-il la prochaine grande figure de la littérature américaine ?

Martha’s Vineyard, en 1952 : des hommes riches et puissants se réunissent dans le plus grand secret et fomentent un complot ambitieux…Deux ans plus tard, Eddie, jeune homme noir rêvant de devenir un écrivain reconnu, trébuche sur le cadavre d’un riche homme blanc portant une étrange croix inversée. Curieux mais prudent, Eddie tait cette découverte macabre mais décide de mener l’enquête…

Un roman américain est probablement un titre bien trop générique, cependant il résume pleinement ce livre qui s’apparente à une vaste fresque historique, fouillée et complexe, à un thriller palpitant et au portrait d’une société spécifique, le tout dans dans l’Amérique des années 50 aux années 70. Un roman américain est effectivement un roman, et indéniablement américain. Etait-il nécessaire de le préciser dans le titre ?

Un roman américain dresse le portrait de la bonne société harlémite, grâce au personnage d’Eddie, jeune homme un peu perdu, rêvant d’impressionner son père et d’épouser un jour la belle Aurélia, grâce aux romans qu’il écrit, à défaut de pouvoir conserver un travail stable. Dans une Amérique encore dévastée par la ségrégation, Eddie côtoie une société fermée et hiérarchisée, où l’argent coule à flot et où les réputations sont faites et défaites par les matrones des grandes familles harlémites. Dans ce cercle clos, Eddie tente d’escalader l’échelle sociale grâce à son art. La découverte d’un corps va bouleverser sa vie, l’entraînant malgré lui dans un complot à l’échelle nationale. Peu de temps après la découverte d’Eddie, sa soeur Junie disparaît. Le mystère s’épaissit. Les années passent. Il faudra près de vingt ans pour qu’Eddie et sa compagne Aurelia parviennent à démêler les fils de l’histoire.

Certains reprochent à ce roman sa longueur. Cependant, elle est largement nécessaire à la complexité de l’intrigue, étroitement mêlée à l’histoire américaine. Une histoire américaine observée du point de vue des Afro-américains : le roman s’ouvre sur le procès Brown vs. Board of Education (rendant la ségrégation anticonstitutionnelle), traverse la période des droits civiques et se clôt quelques années après les Civil Right Act et le Voting Right Act. Nous découvrons l’histoire d’un quartier de New York, Harlem, où se tenaient des salons mondains où se rencontraient quelques grandes figures de la culture américaine, à l’instar de Langston Hughes, ami d’Eddie. Harlem apparait comme une microsociété dans l’ombre de Manhattan, avec ses codes, ses mœurs et ses quartiers huppés. Eddie scrute ses pairs à la loupe, et n’hésite pas à les fustiger dans ses romans.

Outre ce portrait d’une époque et d’un quartier, Un roman américain est également un thriller aux ramifications multiples. Plusieurs années passent, et l’intrigue entraîne les personnages dans les grandes tourmentes de l’histoire américaine contemporaine, comme le Vietnam ou le Watergate. Grâce à un style simple et équilibré, le roman de Stephen Carter passionne son lecteur de la première à la dernière page. Un (grand) roman américain, donc.

Un grand merci à Robert Laffont et à Livraddict pour cette lecture des plus intéressantes.

Un roman américain, Stephen Carter. Robert Laffont, 2012.

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7 commentaires sur “Un roman américain, Stephen Carter

  1. Pingback: Challenge New York 2012, top départ « Enlivrons-nous

  2. Joyce
    24 février 2012

    Je n’ai absolument pas accroché à ce texte. N’hésite pas à lire ma chronique pour comprendre mon avis que j’ai argumenté ici :

    http://lenlivree.blogspot.com/2012/02/un-roman-americain-de-stephen-carter.html

    Bisous!

  3. Flo
    20 février 2012

    Il est sur ma LAL. J ‘attends que la biblio l’achète. J’avais bien aimé son premier roman « Echec et mat ».
    Je me méfie des bandeaux et des comparaisons hâtives…

    • Emily
      21 février 2012

      Surtout qu’avec autant de comparaisons, on ne peut être que méfiant. Cela sonne trop creux. Pourtant, le roman est vraiment bon.

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Cette entrée a été publiée le 20 février 2012 par dans Romans historiques, Romans policiers/ thrillers, et est taguée , .
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