Enlivrons-nous, le blog d'Emily

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! Charles Baudelaire

L’hiver du monde, Ken Follett

Ken Follett a début dans le roman policier mais c’est avec les fresques historiques qu’il a acquis ses lettres de noblesse en littérature : dans les années 80, déjà, il sortait Les Piliers de la terre, vaste saga familiale autour de la construction d’une cathédrale, au moyen-âge. Qui aurait parié que la sauce prendrait ? Un millier de pages consacrées à une poignée de personnage dans l’Angleterre médiévale ne paraît pas aussi vendeur que le dernier Guillaume Musso, et pourtant…Désormais, Les Piliers de la terre est adapté en série, ainsi que Un monde sans fin, autre saga médiévale. En 2010, Ken Follett se lance un nouveau défi : s’attaquer au XXe siècle, avec ses deux guerres mondiales, ses conflits latents, ses enjeux. En 2010 sort le premier tome du Siècle, la nouvelle trilogie de Ken Follett, qui début dans les années 1910. Nous découvrons des personnages variés : un frère et une sœur gallois, deux frangins russes, un jeune américain timide, un Allemand, des aristocrates anglais. Ils vont se croiser, s’aimer, se détester. Et en 2012 sort L’Hiver du monde, le deuxième tome de la saga, qui s’ouvre en 1933…

L'hiver du monde, Ken Follett, Robert Laffont 2012

En janvier 1933, Hitler accède au pouvoir en Allemagne. Le roman s’ouvre sur le quotidien d’une famille allemande : une quinzaine d’année a passé depuis la fin du premier tome. Nos héros ont eu des enfants. En Allemagne, l’intrigue se centre sur Carla, la fille de Walter et de Maud : à travers ses yeux d’enfant élevée dans le respect de la liberté d’expression, nous découvrons l’horreur dans laquelle bascule progressivement l’Allemagne. En Amérique, les temps sont plus doux, malgré la crise qui a frappé en 1929 : la jeune Daisy cherche un époux et évolue dans la bonne société de Buffalo. Mais son père est un gangster notoire, dépourvu d’élégance ou de bonnes manières, ce qui ne rend pas la tâche facile à la jeune fille…En Angleterre, Ethel et son fils Lloyd luttent contre les poussées du fascisme. Enfin, en URSS, Volodia s’engage dans le service de renseignement de l’armée rouge. Ces destins se croisent de plus en plus, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Ken Follett nous propose une nouvelle fois un livre très épais, et très documenté : malgré ses quasiment 1000 pages, L’Hiver du monde se dévore avec un grand plaisir. Ken Follett n’est peut-être pas le plus grand des écrivains, mais c’est décidément un conteur d’exception, qui parvient à nous intéresser à des personnages et à leurs enfants, tout au long d’un siècle dont nous n’avons connu que la fin. Nous connaissons bien entendu l’histoire de ce siècle, mais nous nous surprenons à dévorer les pages, comme s’il existait un véritable suspense. Ken Follett parvient à rendre le désespoir des Allemands sous Hitler, et l’impuissance des Anglais en début de guerre. Il décrit Pearl Harbor avec tant d’acuité que l’on s’y croirait. Scènes de diplomatie, de résistance et même de combats émaillent le récit. Et en parallèle de l’évolution de la politique mondiale, nous nous attachons aux destinées personnelles des héros, dont nous avons souvent lu la naissance dans le premier tome. Place aux enfants dans ce deuxième tome. Curieux, le lecteur se demande quand Ken Follett fera débuter le troisième et dernier tome : il semble évident que la troisième génération vivra la guerre froide et la guerre du Vietnam à fond, comme leurs ancêtres la première et la deuxième guerre mondiale.

Les personnages qui se détachent le plus sont probablement Lloyd, le jeune Anglais versé en politique, Daisy, la jeune héritière qui gagne en épaisseur au fil du récit et Woody, dont l’amour déchirant pour la jeune Joanne ne pourra qu’émouvoir le lecteur un tant soit peu romantique. Ken Follett varie les atmosphères, pour notre plus grand plaisir. Seul regret, et étonnement, il ne s’est pas penché sur les Français. C’est un peu dommage !

L’Hiver du monde, Ken Follett. Robert Laffont, 2012.

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4 commentaires sur “L’hiver du monde, Ken Follett

  1. Pingback: Bilan de janvier « Bienvenue sur Enlivrons-nous

  2. latetedansleslivres
    18 janvier 2013

    Je viens aussi de lire le livre et je n’ai pas pu le lâcher! Hâte de lire la suite 🙂

  3. Esperana
    10 janvier 2013

    j’ai dévoré la chute des géants même avec ses 1000 pages, mais pour autant, j’ai du mal avec le tome 2, car beaucoup de personnages, et ça fait un an et demi que je l’ai lu. Dans ce tome l’histoire ( la grande et la petite) est assez complexe surtout quand on lit par fragments ;-). Mais bon, tu m’as redonner envie de continuer ce livre.

    • Emily
      10 janvier 2013

      J’ai eu un peu de mal au tout début, car mes souvenirs n’étaient plus très frais, mais à la fin, je ne pouvais plus le lâcher !

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Cette entrée a été publiée le 10 janvier 2013 par dans Romans historiques, et est taguée , , .
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