Enlivrons-nous, le blog d'Emily

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! Charles Baudelaire

Fermé pour cause d’apocalypse

Syndicaliste enragé de son vivant, Léon-Joseph ne voit pas pourquoi il devrait arrêter le combat une fois mort. Aussi, arrivé aux portes de l’enfer, notre délégué syndical va causer un bien beau désordre. Tout d’abord, l’homme ignore la raison de son arrivée en enfer. Est-il mort, si oui, comment ? Et surtout, qu’a-t-il donc fait pour mériter une éternité de damnation ?

Accueilli par une citation de Dante (Vous qui entrez, abandonnez toute espérance) et par la crème de la fonction publique infernale, Léon-Joseph bouleverse les codes et refuse de signer le registre des morts. Sa situation, de désespérée, devient absurde. On le ballotte de services en services, on lui fait miroiter plusieurs recours, tous plus absurdes les uns que les autres. A croire que les paradoxes de la bureaucratie ont leur origine six pieds sous terre.

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Sans paniquer, Léon-Joseph décide de se raccrocher à sa fonction de syndicaliste : ces questions et son agacement déroutent les diablotins de l’enfer : peut-on accéder à l’enfer en fauteuil roulant ? L’enfer est-il aux normes de sécurité ? Peut-on évacuer aisément en cas d’incendie ?

Fable délicieusement absurde, qui nous révèle l’envers du décor en imaginant une hiérarchie infernale des plus réalistes, Fermé pour cause d’apocalypse réfléchit également sur les différents mythes de l’enfer et du paradis, citant Dante et la mythologie gréco-romaine. On y côtoie aussi bien Cerbère, Méduse que de véritables diables à la lubricité prononcée. Pourtant, ces agents de l’enfer demeurent bien raisonnables quand Leon-Joseph leur tient la jambe en leur parlant d’extincteur et de rampe d’accès. Le décalage est hilarant.

Servi par un style travaillé et soutenu, ce court roman joue sur nos croyances (y compris celle de l’apocalypse, que certains pensaient prévus en décembre dernier) et notre représentation d’un enfer finalement insalubre et vétuste. Il est loin l’enfer effrayant, d’une horreur sans nom, de L’Inferno de Dante…Quant au paradis, Jean-Claude Bologne le compare au métro parisien en heure de pointe. Les codes s’inversent et Jean-Claude Bologne semble s’amuser au plus haut point avec ces représentations mythiques. Édifiant.

Fermé pour cause d’apocalypse, Jean-Claude Bologne. Pascal Galodé éditeur, 2013.

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3 commentaires sur “Fermé pour cause d’apocalypse

  1. DF
    23 août 2013

    Voilà un ouvrage qui a l’air rigolo…

  2. Pingback: Bilan de juillet | Enlivrons-nous, le blog d'Emily

  3. Aaliz
    6 juillet 2013

    ça a l’air assez déjanté et jubilatoire, je le note !

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Cette entrée a été publiée le 6 juillet 2013 par dans Imaginaire, et est taguée , .
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