Enlivrons-nous, le blog d'Emily

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! Charles Baudelaire

Divergent

Divergent est une dystopie pour adolescents dont j’ai beaucoup entendu parler l’année dernière, mais dans laquelle je ne m’étais pas plongée à l’époque. En la voyant au Barnes & Noble de Baton Rouge, j’ai craqué et je l’ai ramenée avec moi en France. Véritable coup de coeur, Divergent est un des meilleurs romans jeunesse que j’ai lu récemment.

divergent

Béatrice a seize ans et est sur le point de faire un choix qui va déterminer tout le reste de sa vie. Dans le futur lointain dans lequel vit la jeune fille, la population est divisée en cinq factions. Votre faction conditionne votre manière d’agir au quotidien, votre apparence, votre personnalité, votre travail et vos relations. Vous ne pouvez pas en changer, hormis à l’âge de seize ans, après un test qui détermine quel trait de personnalité est le plus marqué chez vous, afin de vous aider à choisir votre caste. Si vous êtes désintéressé et tourné vers les autres, vous rejoindrez les Altruistes, qui nient leur identité pour le bien des autres.  Si l’honnêteté prime sur tout dans votre système de valeurs, vous serez un Sincère. Si la soif de la connaissance vous anime, vous serez un Érudit, et serez médecin ou professeur. Si vous êtes particulièrement gentil et aimant, vous serez Fraternel, et serez en charge des fermes. Enfin, si vous êtes particulièrement tête brûlée, vous serez Audacieux, une caste de soldats. Béatrice a grandi au sein des Altruistes mais quand vient le grand test, ses résultats ne sont pas concluants. Elle est divergente, correspond aux critères de plusieurs groupes sociaux. Or, être divergent dans une société où tout est réglé, c’est s’exposer à de grands dangers.

Dynamique et pourtant très creusée, l’intrigue de Divergent allie un arrière-plan dystopique, au ressort toujours apprécié de la découverte d’une nouvelle communauté (à la manière d’Harry Potter ou de Night School, l’héroïne doit s’habituer à un nouveau cadre d’ordre quasi-scolaire). Ces deux éléments liés permettent aux protagonistes d’évoluer au fil des pages. Béatrice est au début une jeune fille un peu effacée, bien que dotée au fond d’elle d’un caractère de feu. Elle devient peu à peu de plus courageuse et affirmée, en apprenant à s’adapter au fil du livre aux vices de l’espèce humaine (jalousie, mépris, haine) et aux règles d’une compétition virulente (coups bas, intimidation…). Très tôt, Béatrice est confrontée à des choix. Le premier est peut-être le plus déchirant : doit-elle rester auprès des siens, dans une caste qui ne lui correspond pas et ne jamais être vraiment épanouie, ou tenter l’aventure auprès des Audacieux, cette faction qu’elle observe depuis toujours avec envie, reniant ainsi sa famille ?

Mais rejoindre une faction n’est pas que faire un choix : il faut s’y tenir, et s’accrocher pendant la période d’initiation. Si vous n’êtes pas assez bon, vous risquez d’être mis au ban de la société, et de devenir pauvre et seul. Cette menace plane au dessus de Béatrice, rebaptisée Tris, tout au long du livre. La compétition est donc des plus rudes : des inimitiés apparaissent dès le premier jour, et des amitiés se nouent. Mais ces amitiés ne sont jamais tout à fait évidentes, et la jalousie ne reste jamais bien longtemps en dehors du tableau.  Les amitiés peuvent basculer très vite, dans l’amour comme dans la haine. Ce portrait en demi-teinte des relations adolescentes, exacerbées au possible pour les besoins du roman, est bien plus juste que celui dressé dans la plupart des romans pour adolescents. Les relations humaines sont complexes, et Veronica Roth parvient à le montrer avec beaucoup de réalisme. Elle ne recule pas devant la violence et surprend son lecteur qui apprécie de ne pas être ménagé, voire parfois choqué. La tension est omniprésente. Il devient de plus en plus difficile de lâcher le roman.

Le système des castes permet à l’auteur d’aborder des questions politiques et morales : doit-on rechercher le confort et l’enrichissement ou se consacrer à autrui ? Peut-on vivre sans véritable démocratie, quand un pays est gouverné par une seule catégorie de personnes, dont le but n’est pas le même que celui du reste de la population? Un individu peut-il être entièrement conditionné par son environnement ? La quête de soi et le passage à l’âge adulte (choix d’une profession, conflit avec les parents, premiers émois) sont au centre du roman.

Les personnages sont particulièrement réussis : Tris a une évolution marquée, et dévoile au fil des pages une palette d’émotions variées. Le lecteur s’attache très rapidement à cette jeune fille et à ses hésitations. L’autre personnage qui attire l’attention d’emblée, c’est Quatre, jeune homme chargé d’intégrer les nouvelles recrues de sa faction. A la fois mystérieux, distant et donc, séduisant, le jeune homme se révèle de plus en plus complexe. Enfin, on se souviendra d’Al, qui, sous sa carrure d’ours, cache une véritable fragilité et des contradictions que l’auteur sait exploiter au mieux.

Divergent est donc un roman très bien ficelé, et très addictif : il se révèle une vraie bonne surprise. Pour ceux que ça intéresse, la version originale est très accessible.

Divergent, Véronica Roth. Nathan, 2011.

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9 commentaires sur “Divergent

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  3. Francoise Mercier
    27 août 2013

    C’est une dystopie intéressante mais elle ne m’avait accroché qu’à partir de la 250e page (en VO). J’avais trouvé toute la période d’initiation un peu longue. Il faudrait maintenant que je lise Insurgent que j’ai dans ma Pal depuis plus d’un an !

    Frankie

  4. Alexandra
    21 août 2013

    Une saga que j’apprécie énormément. J’ai dévoré le premier tome, j’en ai fait autant avec le deuxième et j’attends le troisième avec grande impatience. La VO est relativement accessible et, je pense, bien plus agréable que la VF !

  5. miawka
    21 août 2013

    J’ai adoré les deux premiers tomes. Un vrai coup de coeur et j’attends impatiemment le troisième. Je l’ai préco en VO parce que je ne pense pas pouvoir attendre la VF.

  6. mesimaginaires41
    21 août 2013

    Parmi les nombreuses dystopies jeunesse du moment, celle-ci m’a semblé une des plus intéressantes. Au moins, elle n’est pas mièvre, il y a pas mal d’action et le fond tient la route.

  7. latetedansleslivres
    21 août 2013

    Ce roman a aussi été un coup de cœur pour moi!! 🙂

  8. Sia
    20 août 2013

    J’avais beaucoup aimé aussi ce premier tome : prenant et dynamique, je me suis régalée ! Tu as acheté le tome 2, au passage ?

    • Emily
      21 août 2013

      Oui, du coup je n’ai pas résisté !

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Cette entrée a été publiée le 20 août 2013 par dans Imaginaire, Littérature jeunesse, et est taguée , , .
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