Enlivrons-nous, le blog d'Emily

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! Charles Baudelaire

Noche triste, Stéphane Monnot

A la base, je ne suis pas friande des nouvelles : je préfère les longs pavés, de 600 pages minimum si possible. Mais quelques auteurs talentueux, parfois, me font changer d’avis. C’est le cas de Stéphane Monnot, auteur du recueil Noche triste, étonnant et savoureux.

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Nombreux sont les recueils de nouvelles qui présentent des textes de qualité aléatoire, inégale : mais dans Noche Triste, les huit nouvelles se valent toutes, même si bien sûr, on a finalement le coup de cœur pour l’une d’elle. « Un ange passe » est ainsi la nouvelle que j’ai dévoré avec le plus de plaisir : elle met en scène un jogger qui fait une mauvaise rencontre. Mais également bien plus. Il serait difficile de la résumer davantage sans déflorer l’intrigue. Stéphane Monnot donne à sa nouvelle plusieurs dimensions, et une profondeur assez rare pour une nouvelle. Et que dire de « Petit périple au Mexique », le récit d’une amitié improbable, d’un fait divers fou, que le lecteur peut explorer de l’intérieur, ultime nouvelle du recueil, qui clôt ce livre en apothéose ! Ou encore de « Patchwork facial », dont la chute bien tournée nous donne envie de nous écrier « bien joué ! » tant elle nous ravit, et nous étonne.

On a beaucoup d’affection pour les personnages de ces nouvelles : certains nous touchent plus que d’autres, mais tous ont une humanité indéniable, une réalité tangible, malgré l’aspect fantastique que prend parfois l’histoire. Le retraité de « Petit périple au Mexique », on a presque envie de se retrousser les manches et de lui filer un coup de main. Quand au match mythique décrit dans la nouvelle qui a donné son nom au recueil, « Noche triste », on aurait bien aimé y assister avec Stéphane et Serge, tant Stéphane Monnot parvient à rendre en quelques lignes l’atmosphère exaltante de cette rencontre sportive.

L’atout majeur du recueil, hors les intrigues toutes très bien menées, c’est probablement le style très plaisant et maîtrisé de Stéphane Monnot : une économie de mots, on va droit à l’essentiel, pour une efficacité et un dynamisme indéniables. Lisez Noche triste, glissez-le dans votre sac, ce recueil sera un compagnon des plus agréables dans les transports en commun, le format des nouvelles s’y prêtant tout particulièrement.

Noche triste, Stéphane Monnot. Editions Antidata, 2012.

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Cette entrée a été publiée le 23 octobre 2013 par dans Nouvelles, et est taguée , , .
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